22
Mai

RÉENTENDRE LES MÊMES CHOSES!

Durant mes retraites/ateliers PHÉNIX et lorsque je donne des conférences, je répète souvent que l’acceptation de soi, de son corps, de son passé est le chemin que l’on doit emprunter pour cheminer vers l’amour de soi. Ce n’est pas une route facile à suivre. Il y a des embûches, des cailloux, des débris qu’il faut enlever, c’est parfois très périlleux et, à certains endroits, le sentier est escarpe. Vraiment, ce n’est pas toujours évident.

Régulièrement, les gens viennent me rencontrer et ils me mentionnent qu’ils ont fait des thérapies une bonne partie de leur vie, qu’ils ont participé à différents ateliers de cheminement, qu’ils essayent au plus profond de leur âme de s’accepter comme ils sont et qu’ils n’y sont pas encore arrivés. Je me permets ici de le mentionner encore avec tout mon amour : l’acceptation signifie de se donner le droit de vivre la peine, la colère, le de soi, la tristesse, le mal de vivre, la souffrance, la joie, le bonheur, etc.

Il est souhaitable, pourtant rare que les gens se permettent de rester dans ce qu’ils vivent au moment présent pour accueillir la peur, la souffrance et commencer alors le processus de libération et d’acceptation. J’en parle beaucoup dans mes retraites et je le répète encore ici. Pourquoi?

J’ai compris avec les années et l’expérience que l’être humain peut entendre et lire la même chose pendant des années sans que rien ne vibre en lui. Il entend, mais ne comprend pas. Et puis, un jour, sa compréhension intellectuelle des mots d’un même discours, d’une même conférence, d’une même lecture, prend un tout autre sens et se dirige de l’intellect aux profondeurs de son cœur, dans son jardin secret. C’est dans cet espace que les gens déracinent la souffrance vécue et arrivent à s’en libérer. Cette libération doit passer par la compréhension du cœur, l’acceptation, pour faire la paix avec ses souffrances. Il arrive qu’un thérapeute ou un animateur passe pour un Héros. La reconnaissance est toujours appréciée et accueillie avec humilité. Mais le plus gratifiant et ce qui donne un sens à notre mission, notre travail, c’est lorsque les gens témoignent de leur libération, de leur bien-être intérieur. Alors, ce sont eux les vrais héros! Certains participants à mes retraites partagent leur vécu et réussissent à se pardonner et à pardonner aux personnes qui les ont blessés, et cela, après plusieurs thérapies et sessions diverses. Ils se sentent légers, ils s’acceptent enfin tels qu’ils sont. En ce qui me concerne, c’est ma récompense. Souvent, des gens arrivent au Centre après avoir déjà fait plusieurs démarches lesquelles, selon eux, ne semblent pas avoir fonctionné. Quelle n’est pas leur surprise! La libération est à la porte de leur cœur, tout le travail amorce les a préparés de façon inconsciente et là, consciemment, le processus s’enclenche, le fruit étant mur! Les blessures deviennent plus conscientes, les libérations se préparent, les portes closes s’entrouvrent enfin pour laisser sortir toute cette souffrance emprisonnée dans leur jardin secret.

Grâce à l’apaisement de leurs douleurs, ces personnes sont animées d’une sérénité enveloppante et d’une lumière brillante au fond de leurs yeux. Elles éprouvent un grand sentiment de paix et de liberté. Leur gratitude est tellement grande qu’elles nous attribuent tout le mérite de leur libération et elles croient sincèrement que nous possédons un pouvoir de guérison. Ce sont elles qui ont ce pouvoir en s’investissant entièrement dans leur relation à soi et en se donnant accès à tout ce dont elles sont conscientes d’être au moment présent dans leur propre vie. Lors des retraites, je m’investis à 100 % avec tout mon cœur et toute mon âme! Mon accessibilité, mon authenticité, ma Sensibilité, ma vulnérabilité et mon honnêteté font partie intégrante de mes retraites. Ce pourcentage ne représente que 5 % du résultat final! Le reste, 95 %, c’est chaque personne qui fait survenir son miracle!

Donc, nous les thérapeutes, conférenciers, motivateurs, animateurs aussi excellents puissions-nous l’être dans nos domaines respectifs, nous ne sommes pas des génies, ni des guérisseurs et, encore moins, des dieux. Nous sommes des guides, des accompagnateurs, des déclencheurs, des outils pour servir et aimer servir par amour de l’être humain. De là, l’importance de la répétition, l’être humain ayant besoin de réentendre un mot, une phrase, un témoignage, une conférence, a différents moments selon son parcours de vie. Ce qu’il entend, lit ou voit ne résonne pas de la même façon dans son cœur d’une fois à l’autre. On entend souvent dire :

≪ Ce que je n’ai pas capté hier ou il y a un an, aujourd’hui, je le comprends. J’entends, je le ressens et ça résonne en moi, c’est-à-dire que je déracine mon jardin, je vois les nouvelles pousses, les fleurs apparaissent, je suis en paix avec mes blessures. ≫

Nous avons besoin de réentendre, de relire pour bien le ressentir ou nous sommes dans notre cheminement. Vous relirez ce texte dans quelques mois ou quelques années et certains passages vous toucheront d’une façon particulière, alors que maintenant, telle ou telle partie ne vous révèle rien de particulier. Les participants qui revivent mes ateliers et, après chaque retraite/atelier PHÉNIX, plusieurs d’entre eux viennent me voir et me disent : ≪ Robert, j’ai entendu plusieurs fois ce que tu viens d’expliquer et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pu me libérer. ≫ Je pleure de joie chaque fois que nous partageons un tel moment. Un être humain est enfin libéré de sa souffrance. Quel bonheur!

Avec bienveillance,

Robert Savoie présent et engagé