27
Fév

La perception de soi

Tout être humain qui est aimé inconditionnellement par ses parents ou ses éducateurs pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait, développe une saine estime de lui-même. Il entretient un sentiment de valeur et d’importance à ses propres yeux. Lors de mes retraites/ateliers PHÉNIX, je demande aux personnes qui assistent de compléter un test sur la dépendance affective et le résultat démontre que l’amour de soi est presque toujours déficitaire. Je reçois des gens très éduqués, des gens moins scolarisés et très peu ont une juste estime d’eux-mêmes. Ils ont une grande difficulté à s’apprécier et à prendre soin d’eux. Ce sont des personnes qui ont fui à travers des activités, leur travail, des achats, des possessions matérielles, des substances ou autres, afin de remplir leur vide intérieur.

Quelle est la cause de toutes ces fuites? Bien souvent, c’est le manque d’intimité avec elles-mêmes, le manque d’écoute de soi, le non-respect de leur corps et le manque d’amour de soi qui en sont la cause. En ne s’accordant pas de temps de qualité, ces personnes ne peuvent identifier leurs besoins ou malaises dans le but de s’accueillir et ainsi trouver des réponses au vide intérieur qui les habite en permanence. Tous ces manques entraînent infailliblement la personne à vivre des complexes, à adopter de fausses croyances limitantes et bientôt les personnages font leur apparition. Un personnage prend toute la place dans l’ego, l’orgueil, les complexes causés par l’abandon, le rejet, la culpabilité, la rivalité, l’infériorité, la supériorité, la trahison, l’injustice, la honte de soi et autres. Lorsqu’on a appris depuis notre enfance à banaliser nos sentiments, à ne pas exprimer nos émotions et nos peurs, le personnage a développé un des plus populaires mécanismes de défense qui soit pour se couper de l’émotion et de sa vitalité: la castration.

La perception de soi fait prendre conscience des divers aspects de sa personnalité : traits physiques et psychologiques, qualités morales, besoins, acquis et ressources, capacités et limites, forces et faiblesses.

Ainsi, si on me demandait de décrire la perception que j’ai de moi-même actuellement, je dirais : « je suis un homme; j’exerce la fonction conférencier; j’ai la carrière d’enseignant; je m’applique à être un bon communicateur; quelque peu timide, j’aime pourtant les défis, je suis authentique, vulnérable et sensible à moi et à l’autre » et je pourrais poursuivre de la sorte en énumérant les divers aspects de la personne que je suis devenue. Je reconnais comme miennes les qualités que mon entourage me renvoie. Toute fois, je ne suis pas tout à fait dépendant de l’appréciation d’autrui. Plus j’acquiers de la maturité, plus je découvre en moi, par la réflexion et l’expérience, d’autres qualités et aspects intéressants. En résumé, l’estime que j’ai bâtie de moi-même dépend à la fois de l’appréciation des autres et de la mienne.

Lorsqu’on s’aime réellement, qu’on s’approuve et qu’on s’accepte tel que l’on est, tout fonctionne dans la vie. C’est comme de petits miracles surgissant de partout.

Avec bienveillance

Robert Savoie présent et engagé